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Philippe Karsenty : peut-être le premier député des Français d’Israël !

Au mois de juin 2012, une nouvelle catégorie de députés va être élue à l’assemblée nationale française : ils représenteront les Français résidant à l’étranger.

Les Français d’Israël auront, eux aussi, à choisir parmi plusieurs candidats. Philippe Karsenty sera l’un d’entre eux.
Connu pour son combat sans relâche dans ce qui est devenu « l’affaire Al-Dura », il nous en dit plus sur ces élections et sa candidature.

Le P’tit Hebdo : Expliquez-nous plus précisément. Des députés seront élus par les Français de l’étranger pour les représenter à l’Assemblée Nationale en France ?

Philippe Karsenty : Pour la première fois, les Français qui vivent à l’étranger (ainsi que ceux qui ont la double nationalité) vont pouvoir élire des députés à l’Assemblée Nationale française. Les Français d’Israël (regroupés avec les Français d’Italie, de Grèce et de Turquie) auront donc la possibilité d’être représentés au Parlement français par un député qui défendra leurs intérêts, tant politiques et médiatiques que quotidiens.

Lph : Quel est l’intérêt pour un Français de Netanya ou de Jérusalem d’être représenté par un député en France ?

P.K : C’est une chance unique d’avoir enfin quelqu’un qui portera un message fort de défense d’Israël tout en ayant la légitimité de représenter les Français (ou binationaux) d’Israël. En ce sens, sa voix sera entendue fortement dans l’univers politique et médiatique français, mais aussi sur la scène internationale. Lorsque Israël sera un sujet de débat, comment les médias pourront-ils ignorer ce député ? Par ailleurs, les Français d’Israël, comme ceux des autres pays où vivent des Français, ont des besoins quotidiens pratiques qui ne sont que rarement pris en compte par le législateur français. C’est aussi cela qu’il faudra savoir prendre en compte. Et pour mieux comprendre ces problématiques, je vais aller à la rencontre des Français de l’étranger dans tous ces pays pour les écouter, comprendre quels sont leurs éventuels problèmes fiscaux ou sociaux, liés à leur double nationalité, et faire en sorte que les procédures administratives soient simplifiées.

Lph : Pourquoi vous présentez-vous ?

P.K : J’ai choisi de me présenter à cette élection dans le prolongement de mon activité politique en France [Philippe Karsenty est maire-adjoint de Neuilly] mais aussi de mes combats liés à la défense d’Israël dans l’univers politique et médiatique français. Je pense que ce que j’ai fait dans le cadre de l’affaire Al Dura montre que je ne baisse pas facilement les bras, même quand le combat est difficile. J’ai aussi démontré que l’on peut gagner une bataille difficile quand on défend un bon dossier de façon professionnelle. Le combat pour Israël ne se mène pas en cherchant à être gentil avec nos adversaires. Il faut les convaincre, sinon les vaincre par la puissance de la vérité et de la justesse de nos arguments. Je vous certifie que quand je serai élu, je serai ferme sur les positions qui seront à défendre !

Lph : Quelles sont les conditions pour pouvoir voter ?

P.K : Il faut être français, ou binational, et s’être inscrit aux consulats de Tel-Aviv, de Jérusalem ou de Haïfa d’ici la fin de cette année 2011. L’élection aura lieu en juin 2012 mais les listes électorales seront closes au 31 décembre 2011. Il faudra donc rapidement s’inscrire dans les consulats français (ceux qui ont déjà une carte consulaire sont automatiquement inscrits sur les listes électorales) pour pouvoir aller voter en 2012 et peser sur cette élection. Malheureusement, on a pu constater que les Français d’Israël se déplacent peu pour voter aux élections liées à la France. Il faut changer cette habitude et se mobiliser. Sinon, ce seront les électeurs d’Italie et de Turquie qui choisiront votre député au Parlement. Seriez-vous heureux si votre député était un ami des Islamistes turcs au pouvoir actuellement ? Si vous ne vous occupez pas de la politique, c’est la politique qui s’occupera de vous !

Lph : Nous connaissons Philippe Karsenty pour son combat sans répit pour que la vérité sur l’affaire Al Dura éclate. Y a-t-il du nouveau ou l’affaire est-elle aux oubliettes ?

P.K : L’affaire évolue très favorablement. Pendant longtemps, j’ai été isolé, tant en France qu’en Israël où personne ne voulait voir la vérité. J’ai gagné mes procès en France contre France 2 et Canal +. Puis, j’ai convaincu progressivement des intellectuels et le personnel politique français. Je suis très confiant car j’observe que le gouvernement israélien ne se laisse plus manipuler par certains médias occidentaux qui diffament Israël. J’ai bon espoir de voir les autorités israéliennes prendre prochainement des sanctions contre France 2 et Charles Enderlin. Ce dernier partira à la retraite dans quelques mois. Ce serait une honte s’il pouvait se retirer sans avoir été sanctionné. Et même si cela arrivait, je continuerai le combat pour la vérité et pour l’Histoire.

Lph : Vous semblez porter le drapeau d’Israël dans cette affaire. Quelles sont vos positions personnelles par rapport à la politique israélienne ?

Lph : Si vous me le permettez, je souhaite corriger cette affirmation. Le combat Al Dura est un combat français pour l’essentiel, même si cette affaire a eu des conséquences désastreuses en Israël qui justifieraient qu’Israël se mobilise un peu plus. Néanmoins, quand la TV publique française ment, c’est le citoyen français qui est trompé. C’est la démocratie française qui est malade. Malade du mensonge qui devient la règle en France. Malade de son antisémitisme qui se cache derrière ce qu’ils appellent de « l’antisionisme » qui devient banal dans les médias français. Oh bien sûr, vous entendez certains juifs très connus hurler contre Marine Le Pen. En revanche, où sont ces gens-là quand les pseudo-intellectuels français et certains hommes et femmes politiques français unissent leurs voix aux boycotteurs d’Israël ?

Pour ce qui concerne la politique israélienne, je suis un légitimiste. Vous êtes citoyens d’une démocratie, vous avez des dirigeants élus et je ne me sens pas le droit de vous dicter vos choix. Que penseraient nos amis italiens, turcs, ou grecs, si je venais me mêler à leurs joutes politiques ? Je suis toujours surpris quand j’entends des Français tenter de dicter leurs choix aux Israéliens. S’ils veulent le faire, qu’ils viennent habiter en Israël et participer au débat démocratique israélien !

Quand j’entends nos bonnes consciences et nos hommes politiques français venir donner des leçons à Israël, je trouve cela grotesque.

Au Proche-Orient, Israël est, et devrait être perçu comme le seul pays démocratique, fiable et stable, dans lequel les droits universels sont protégés, et où les droits des minorités sont garantis. Et pourtant, c’est Kadhafi et Bachar el Assad qui ont été récemment reçus avec tous les honneurs en France…

Lph : Vos positions sont intéressantes mais, petit problème, vous n’habitez pas Israël !

P.K : En effet, pas plus que je n’habite la Turquie, l’Italie ou la Grèce. Le travail d’un député français se fait au quotidien en France, à l’Assemblée Nationale où il faut être présent pour défendre ceux que l’on représente.

Lph : Et vous ne parlez pas l’hébreu !

P.K : C’est vrai, ou si mal, tout comme je ne parle ni l’italien, ni le grec, ni le turc. Encore une fois, permettez-moi de vous rappeler que le rôle d’un parlementaire français est d’agir au Parlement français, de savoir bien s’exprimer en français à l’Assemblée Nationale et dans les médias français et anglo-saxons qui ne manqueront pas de solliciter ce représentant des Français d’Israël et des autres pays. Et pour cela, je pense être qualifié pour le faire. Je fais régulièrement des conférences en France et dans le monde entier où j’ai l’habitude de débattre en français, en anglais ou en espagnol.

Lph : Ne craignez-vous pas que certains pensent que votre travail communautaire vous a servi de marche-pied pour d’autres fonctions ?

P.K : Je suis obligé de vous contredire car je n’ai jamais eu ou recherché de position communautaire. Cherchez bien, vous verrez que je ne me suis fait élire dans aucune organisation du monde communautaire juif. Certains pourraient considérer que c’est une faiblesse. J’ai tendance à penser le contraire dans le cadre de cette campagne et pour les batailles à venir. Les seules élections auxquelles je me suis présenté sont des élections françaises, et c’est ce qui m’a permis, après une campagne difficile, de devenir maire adjoint de Neuilly-sur-Seine en 2008. Je respecte le travail communautaire mais je pense que le combat pour Israël et le peuple juif se situe à l’extérieur de la communauté, là où elle est attaquée… même s’il est vrai que parfois, les attaques venues de l’intérieur sont aussi dangereuses ! Je souhaiterais ajouter que c’est parce que j’ai pu consacrer la quasi-totalité de mon temps à ce combat, sans m’encombrer des jeux communautaires, que nous sommes en train de faire triompher la vérité de l’affaire Al Dura. J’ai donc le sentiment de rester dans mon domaine de compétence dans cette campagne où il ne s’agira pas seulement d’être élu, mais aussi de savoir manœuvrer dans le monde politique français afin d’atteindre des objectifs difficiles. Etre élu sera une chose, il faudra aussi savoir « faire le job » ! C’est pour cela que je conçois cette future activité comme le prolongement naturel de mon action politique et médiatique.

Lph : Vous partez à cette élection sans le soutien d’un parti politique. Est-ce un choix délibéré ?

P.K : Absolument. De nombreuses personnes m’ont suggéré d’obtenir l’investiture d’un parti politique français. Je crois que ce serait une faiblesse car je ne serais alors qu’un pion parmi tant d’autres. Les états-majors des partis dominants n’ont besoin que de figurants pour faire masse. Ma détermination m’a permis de mener, avec d’autres, des combats difficiles et que certains considéraient comme perdus d’avance. J’ai pu avancer parce que je n’étais entravé par aucun parti, par aucune institution, par aucune structure dont les intérêts seraient venus gêner mon action. Et puis, quand on observe les positions politiques des partis français vis-à-vis d’Israël, ça ne donne vraiment pas envie…

Lph : L’UMP envisage de présenter Valérie Hoffenberg, la représentante du Président de la république au Proche-Orient. Que vous inspire cette candidature ?

P.K : C’est une candidature habile qu’il faut sérieusement considérer. Cette candidate bénéficiera du soutien d’une partie de la machine UMP, ainsi que de ceux que la politique arabe de la France satisfait. N’oubliez pas qu’elle travaille au Quai d’Orsay. Elle aura donc ces relais actifs qui défendront la diplomatie française hostile à Israël dont elle est la plus pure représentante. Bien sûr, elle maniera le double langage pour faire croire aux naïfs qu’elle défendra aussi Israël. La plus belle réponse à cette candidature a été donnée par Claude Goasguen, le député français le plus actif dans la défense d’Israël, lorsqu’il a déclaré : « Valérie Hoffenberg est trop pro-palestinienne pour représenter l’UMP en Israël ». Si elle venait à être élue, ce serait certainement la fête à Ramallah ou en Turquie… mais pas à Jérusalem !

Avraham Azoulay   Le petit Hebdo

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